Céramiques Makuzu, l’histoire d’une dynastie japonaise.

Les céramiques Makuzu, reflètent l’âme intergénérationnelle qui demeure, encore de nos jours, au Japon, et plus particulièrement à Kyoto. Il y a de cela 300 ans, Kohei Masakazu Miyagawa quitte son village de Miyagawa pour venir travailler à Kyoto, en tant qu’artisan potier. Son talent émane, et il transmet sa passion à son fils : Kohei II. Chaque descendant alors se verra attribuer le nom Kohei, et deviendra à son tour céramiste. 

Dans les années 1850, le nom Kohei est largement reconnu, et désormais chaque descendant portera le nom Kosai. Né en 1944 à Kyoto, Kohai VI est le chef de la famille, titre qu’il s’apprête à donner à son fils Kohai VII, qui sera la 12e génération d’artisan-céramiste de la famille et prendra le nom de Miyagawa Kohai VII.

La reconnaissance internationale de la famille date de 1900 et de la médaille d’or obtenue à l’exposition universelle de Paris qui fut suivi par la suite de nombreux prix. 

Au cours des 3 dernières siècles, la famille a travaillé comme céramiste, produisant des services à thé pour le Chadô – la voie du thé – et pour le thé en feuilles, ainsi que de grandes pièces destinées à des collectionneurs internationaux, tout en s’efforçant de suivre l’évolution des styles et des goûts.

Les œuvres de la famille se trouvent dans de prestigieuses collections privées, mais également au Museum of fine Arts de Boston, et au British Museum. 

La succession de la famille Miyagawa Kohai VII 

Le futur maître de la Maison qui était destiné à prendre la succession, tranche avec le cadre « à priori » des successions de famille. Il était prêt dans sa jeunesse à renoncer à son destin, avant que son année d’études aux États-Unis ne lui fasse rebrousser chemin. Depuis cette terre lointaine, il porta un regard objectif sur le travail de sa famille, et il décida de pleinement s’y intégrer. 

Bien que son travail soit différent de celui de son père, qui est différent de celui de son grand-père, il s’inscrit dans la trajectoire de la Maison. Il trouve son propre style, tout en préservant le style de la Maison, et quand l’inspiration lui manque, il va d’abord s’inspirer des deux maîtres à penser, comme chaque Kohai, avant lui : Makuzu Chôzo ( fondateur de la lignée des potiers Kôsan, dont l’atelier à Yokohama fut détruit durant la 2e guerre mondiale), et celui dont lui-même s’inspirait, Nonomura Ninsei.

Ninsei Nonomura est originaire du village de Nonomura, près de Tamba. Il établit, vers 1650, son four à Omurô, près du Nin-naji, dans les environs de Kyōto sous la protection du monastère et du grand maître du thé Kanamori Shôan. En 1657, devenu moine, il prend le nom de Ninsei. Ses poteries semblent surtout avoir été destinées à couvrir tous les aspects de la cérémonie du thé. Éclectique, il s’inspira des pièces produites dans les ateliers de Seto et de Shigaraki, dont il utilisa la terre, des vernis de Raku et de certaines formes chinoises.

En dépit de ces emprunts, il créa un art très personnel et se signala par sa maîtrise dans le maniement du tour. Ses jarres à thé sont remarquables par l’élégance de la forme, la minceur des parois et par l’emploi sur le corps de nombreux émaux colorés rehaussés d’or et d’argent inspirés tour à tour du style Kanô ou de celui des Tosa (ndlr : les deux grandes écoles, et courants, de peinture de l’époque) ainsi que des techniques ornementales des maîtres du laque. Par la finesse de ses techniques et son style propre, Ninsei est considéré comme le fondateur du Kyôyaki, ou céramique de Kyôto.

 

Maison de thé à Kyoto. 

En 1964, Kohai VI quitta Gojōzaka, où il résidait, pour s’installer dans le quartier de Higashiyama. À cette occasion, et comme il fabriquait des théières, et qu’il se devait d’apprécier la cérémonie du thé, il fit construire une salle de thé.

La salle de thé, construite par le maître charpentier Shigezo Hirai, spécialiste des maisons de style kyō-sukiya, comprend une grande pièce de huit tatamis et une petite pièce de quatre tatamis et demi.

Maison de thé à Kyoto

Il s’agit d’une grande pièce de huit tatamis inspirée du Matsufūro, selon les goûts du maître Seisai, douzième maître de l’école Omotesenke. Un biwa-dai (support pour biwa) est fixé au sol. Le maître Soku Chūsei, treizième maître de l’école, lui a donné le nom de « Shōkoken ».

La petite pièce de quatre tatamis et demi est équipée d’un siège pour la préparation du thé. Un pilier central et une étagère suspendue ont été installés afin de pouvoir utiliser cette pièce comme une petite pièce.

Le maître Sōchū a également donné à cette pièce le nom de « Ryūin ». Ce nom vient du fait que 1964 était l’année du dragon. Le maître Sokuchūsai nous a conseillé de « rendre les petites pièces aussi spacieuses que possible à l’avenir », c’est pourquoi cette petite pièce est si grande.

Informations Utiles. 
Ouverte tous les jours de 9h à 17, à l’adresse suivante : Japon, 〒605-0873 Kyoto, Higashiyama Ward, Shimoumacho, 484 (〒605-0873 京都市東山区下馬町484). Téléphone : +81755614373

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Source : Universalis
Source : Makuzu yaki
Source : Destination Japon, mars 2025

 

 

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