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le prunier

En Asie, les fleurs ne sont pas tant admirées pour leur beauté extérieure mais principalement pour les enseignements moraux et spirituels qu’elles peuvent apporter aux Hommes. « La senteur du parfum des fleurs de prunier se développe grâce à la rudesse de l’hiver » dit l’adage. Celui qui sait surmonter ses doutes et ses peurs comprendra que derrière les multiples épreuves qu’il apporte, l’hiver est un ami qui a beaucoup à lui apprendre. Il nous rappelle que c’est en se confrontant et en surmontant les terribles épreuves de la vie, que l’humain peut se perfectionner.

zoom fleur de prunier

Considérant l’existence humaine comme un don et non pas comme un calvaire comme c’est parfois le cas avec certaines autres religions, les sages de l’Orient ont cherché à trouver différents moyens de prolonger l’existence. La capacité des prunus à fleurir sous la neige alors que tous les autres végétaux sont encore dans leur léthargie, a suscité l’attention de médecins chinois qui, inspirés par les légendes taoïstes sur l’immortalité, cherchaient un moyen de confectionner un médicament permettant d’apporter la vie éternelle.

prunier et cerisier en même temps

C’est en tant que plante médicinale que le prunus fut ainsi importé au Japon à l’époque de Nara (奈良時代, 710-794). Très épris de culture chinoise, les nobles de la cour ne tardèrent pas à vouer une véritable admiration à cette fleur qui fut de plus en plus souvent représentée sur les kimonos. Bien que désormais populaires, il faut savoir que les sakura n’ont pas toujours été les fleurs favorites des japonais. En effet, dans le célèbre Man yô shû, (万葉集) , le premier recueil de poésies japonaises réalisé vers 780, il n’y a que 40 poèmes comportant une référence aux sakura, alors que le prunus est quant à lui cité plus d’une centaine de fois.

Sugawara_Michizane prunierMais c’est probablement grâce au poète et homme politique Sugawara no Michizane (菅原道真 845-903) que le prunier devint l’une des fleurs les plus respectées des Japonais. Ministre sous l’empereur Daigo (醍醐天皇, 885-930), Sugawara no Michizane fut contraint de s’exiler à Kyushu suite à une trahison. Après sa mort, de nombreuses catastrophes aux causes inexpliquées eurent lieu dans la capitale. On pensa alors que la rancœur avait transformé l’âme de Sugawara no Michizane en un esprit vengeur. Il fut alors réhabilité en 947 et un sanctuaire du nom de Kitano tenmengu (北野天満宮) fut érigé en son honneur. Etant donnée sa grande érudition, il fut vénéré comme dieu des études du nom de Tenjin (天神).

De son vivant, Sugawara no Michizane vouait un amour passionné aux fleurs de prunus. Le jour avant son départ en exil, pris dans un élan de tristesse alors qu’il devait quitter le jardin de sa résidence à Kyoto, il écrivit le poème suivant : 東風吹かは にほひをこせよ 梅花 主 なしとて 春を忘るな ‘’Quand le vent d’est soufflera, répandez votre parfum, oh ! fleurs de prunus sans maître, n’oubliez pas le printemps’’. Une légende raconte que peu après son départ, le vent fit tomber les fleurs et leurs pétales s’envolèrent au loin, en direction de l’endroit où leur maître était exilé.

Texte de Nicolas Chauvat.

Nicolas Chauvat a participé aux activités de l’agence « Autrement le Japon » qu’il décrit : « Pour tous ceux pour qui voyager signifie avant tout expérimenter, Autrement le Japon propose des séjours qui sortent de l’ordinaire et qui permettent d’explorer le Japon dans toute sa diversité. Choisissez votre « circuit émotions » et venez admirer en 2016, en liberté ou avec un guide, les pruniers ou les cerisiers dans les plus belles villes et les plus beaux villages du Japon.

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