Le Kiyomizudera, temple de l’eau limpide.

Le Kiyomizudera est un ensemble de temples bouddhistes situé au sud est de la ville de Kyoto. Il est un des temples les plus connus du Japon, et l’un des plus fréquentés, également parce qu’il se juxtapose au très beau quartier de Gion, ce qui le rend très accessible. Si vous êtes de passage à Kyoto, ou même si vous vous renseignez sur la ville, il vous sera impossible de passer à côté d’un des fameux clichés de son temple le plus célèbre, l’otowa-san kiyomizu-dera, qui surplombent l’est de la ville et dont le toit ne repose sur aucun clou.

Vue sur Kyoto depuis l'otowa-san kiyomizu-dera

Genèse du Kiyomizudera.

Au VIIIe siècle, le moine Enchin Shonin, alors ascète itinérant, pratiquait ses ablutions sous une cascade qu’il avait vue dans une vision. C’est là qu’il fit la rencontre d’un général qui avait combattu pour l’unification du Japon de l’ouest et qui après avoir écouté ses prédications devint son disciple. Ils décidèrent alors ensemble de créer le “temple de l’eau limpide” à cet endroit même. Construit à partir de 778, le temple fût achevé en 798.

Selon la tradition ce général serait Sakanoue no Tamuramaro qui soit embellit le temple avec sa femme, soit en est le fondateur. Ce dernier est particulièrement célèbre dans l’histoire, car de son vivant, vainqueur des Emishi, peuple barbare pour ses contemporains, il est fait généralissime sous l’empereur Kanmu, puis ministre auprès de ses descendants. On lui prête des origines étrangères, sans doute Han, aïnou ou coréenne, et des écrits le suppose même de descendance africaine, ce qui lui permet d’être cité dans The negro en 1915, bien que ces origines soient très très probablement fantasmées.
 

 

Histoire du Kiyomizudera.

Une fois établit, il ne fallut que quelques années pour que le temple obtienne le patronage de l’empereur Kammu. Ce fut le cas en 804. Le temple entretien une rivalité historique avec le Kofukuji de Nara bien que contrairement à d’autres temples bellicistes de Kyoto, son histoire n’est pas jalonnée de faits marquants.

Porte du Kiyomizudera.En 1629 un violent incendie détruit l’ensemble des bâtiments du temple. Aussitôt les travaux de reconstruction à l’identique débutent sous le patronage du shogun Tokugawa Iemitsu. Les travaux débutent en 1633. Les bâtiments visibles aujourd’hui datent de cette période.

Aujourd’hui.

Le temple actuel est une reconstruction datant de 1633. Il comprend 7 pavillons, une pagode à trois étages et d’autres petits bâtiments éparses dans la forêt. Les fidèles y viennent prier la déesse Kannon aux 11 têtes et boire dans la source sacrée.

Couleur d'automne autour de la pagode du Kiyomizudera.
Couleur d’automne autour de la pagode du Kiyomizudera.

La cascade est considérée comme sacrée pour beaucoup de japonais. Elle a trois sources, on dit qu’une apporte longévité, l’autre guérison et la dernière réussite aux examens. Un triple pouvoir qui en fait un lieu appréciait de toutes les générations bien que les fidèles ne peuvent boire que dans une seule des trois sources. Un choix cornélien.

Le kiyomizudera fait parti du patrimoine mondial de l’Unesco. Il est classé parmi les monuments historiques de l’ancienne Kyoto qui compte 17 lieux : 15 autres temples, et le château de Nijô.

Source photo : Depositphotos
 

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