Récemment !

La persévérance de la Carpe

 
Temps de lecture : 5 minutes

La persévérance de la carpe.

Mi conte- mi histoire, nous ignorons si la persévérance de la carpe est une histoire vraie, elle porte quoiqu’il en soit sur un lien entre deux personnes existantes et éminemment connu, de leurs contemporains. Il s’agit plus d’une leçon morale que d’un conte à proprement parlé mais nous pensons qu’elle vous intéressera.

 

Entre les années 1750 et 1760 vivait à Kyoto un grand peintre qui se prénommé Okyo Maruyama. Ses peintures étaient tellement exceptionnelles qu’elles atteignaient déjà en ces jours des prix extrêmement élevés. En conséquence de cela, Okyo n’avait pas seulement des admirateurs mais également de nombreux élèves qui étaient occupés à apprendre le style unique du maître et à le copier. Parmi eux, il y avait Rosetsu qui était devenu le meilleur de tous.

Carpe par Rosetsu

Pourtant lors de leur première rencontre, Rosetsu était sans nul doute pour Okyo, l’élève le plus stupide avec qui il n’avait jamais eu à travailler. Il était de condition modeste, fils d’un samurai de bas rang. Son apprentissage était si lent que les nouveaux venus le dépassaient rapidement et après un an, ou un an et demi, il devenait déjà de ces peintres actifs, dans un japon en paix en forte demande d’iconographe et de peintres. Il était de ces étudiants qui étaient très sérieusement plongés dans leurs études  mais qui, par on ne sait quel miracle tant ils travaillaient dur, plus dur que la plupart, semblait reculer plutôt que progresser comme si les dieux eux-mêmes s’en mêler.

Malgré cela, et en conclusion de cette histoire, Rosetsu finit par atteindre son but. Son apprentissage fût couronné de succès après qu’il eut été grandement encouragé par l’observation attentive de la persévérance d’une carpe.

On disait donc, que beaucoup d’élèves qui étaient entré dans l’école après Rosetsu étaient déjà devenu de très bons peintres, et ils vivaient de leur art tandis qu’après 3 ans d’apprentissage, ce dernier finit par perdre espoir sur son devenir, et son avenir en tant que peintre. Il était déprimé, et le manque d’encouragement de son maître n’aidait pas. Il décida un soir de quitter l’école. Il ne savait pas encore ce qu’il allait devenir. Soit, il rentrerait chez lui. Soit, il se prendrait la vie. Il marcha toute la nuit, et sur le chemin, pris de fatigue et de faim, il s’allongea dans la neige, sous les pins.

Quelques heures avant le lever de soleil, il entendit un bruit étrange à même pas 30 pas de lui. Il ne réussissait pas à l’atteindre dans la pénombre mais s’asseyant, tentant d’écouter plus attentivement le bruit, et regardant vers la direction d’où le son venait, il s’agissait d’eau qui éclatait.

Il persista et alors que le jour commençait à approcher, il put enfin voir que ce son était causé par une carpe imposante, qui sauté avec persistance de l’eau, essayant d’attraper un gâteau ( senbei ) qui était étendu sur la glace d’un étang à quelques pas d’où Rosetsu lui-même se trouver.

Pendant près de trois heures, le poisson avait essayé de l’atteindre sans succès, se coupant au passage, et heurtant la glace, jusqu’à ce qu’il saigne abondamment et qu’il perde de nombreuses écailles. Rosetsu remarqua sa persistance avec admiration. Le poisson tentant de s’approchait du gâteau par tous les moyens possibles et imaginables. En attaquant directement la glace, où le gâteau était posé, parfois en chargeant par en dessous, et d’autres fois, plus admirable encore, en sautant aussi haut que possible et espérant que cette force brise peu à peu la glace et lui accorde sa récompense. Et au final, la carpe réussit. Elle finit par briser ainsi la glace qui retenait le biscuit. Elle saignait, des plaies étaient visibles, mais elle avait réussi et sa joie de manger la récompense suffisait amplement à son combat.

Rosetsu était impressionné. Regardant la nage de la carpe, fuyant avec son dû, il se mit à sa place et dit : « Oui. » à lui-même. « Cela est la leçon du jour. Je serais comme cette carpe. Je ne rentrerais pas à la maison tant que je n’aurais pas réalisé mon but. Aussi longtemps qu’il y aura un souffle dans mon corps, je continuerais jusqu’à atteindre mes objectifs. Je travaillerai plus dur encore et peu importe si je progresse ou pas, je continuerais mes efforts jusqu’à y parvenir ou à en mourir ».

Résolu, Rosetsu rendit visite au temple voisin, et pria pour son succès. Il remercia longuement la divinité locale pour lui avoir montré, au travers de la persévérance de la carpe, la ligne qu’un homme doit prendre dans sa vie.

Rosetsu retourna alors auprès de son maître Okyo et raconta l’histoire de la carpe et de sa détermination. Okyo était très content de l’entendre, et il fit dès lors de son mieux pour aider son élève. Cette fois-ci Rosetsu progressa. Il devint un peintre bien connu, le meilleur parmi les nombreux apprentis qu’eut Okyo, on le disait même au niveau de son maître et en effet, il finit par devenir un des plus grands peintres du Japon de son temps.

Et évidemment, il prit alors une carpe pour emblème. 

Nagasawa Rosetsu (長沢芦雪, 1754-1799) est un peintre japonais de la période Edo de l’école Maruyama, connu pour son style polyvalent. Il est né dans la famille d’un samouraï de bas rang avant d’ étudier la peinture auprès de Maruyama Ōkyo à Kyoto.

Œuvre.

Singe sur un rocher par Nagasawa Rosetsu.

Maruyama Ōkyo (円山 応挙, ou en caractères traditionnels 圓山 應舉, 12 juin 1733 – 31 août 1795), né Maruyama Masataka. Il s’installe à Kyoto, durant laquelle il étudie des œuvres d’art de sources chinoises, japonaises et occidentales. Un style personnel de naturalisme occidental mélangé à des motifs décoratifs orientaux émergea, et Ōkyo fonda l’école de peinture de Maruyama. Il est un des premiers artistes japonais à avoir dessiné des nues d’après des modèles.

Œuvre.

Pins japonais, panneaux décoratif par Okyo.

 

Chaque semaine, un nouveau conte japonais est disponible sur le site du Japon. Retrouvez ces contes ici [ marquez la page et jetez y un coup d’oeil occasionnellement si vous aimez les contes ]. 

Cet article vous a plu ? 

 

0 / 6 6

About Shinal

A lire

L’amour de Gonpachi et de Komurasaki

Temps de lecture : 13 minutes  Pour retrouver l’amour de Gonpachi et de Komurasaki, il vous suffit de vous promener dans …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.