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Le typhon Hagibis

le typhon Hagibis

Le typhon Hagibis a frappé le Japon, plus précisément la région du Kantô (celle de Tokyo), le 12 octobre 2019. Super Typhon de catégorie 5, il s’est formé le 2 octobre au nord des îles Mariannes, pour disparaître le 13 octobre. 

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Un PVT au Japon : Vivre le typhon Hagibis

Le premier vrai week-end que je passai à Tokyo ne s’annonçait pas ensoleillé. Loin de là… Depuis une petite semaine, j’entendais parler d’un typhon, nommé Hagibis. Et ce n’était pas n’importe lequel, d’après les médias, le plus puissant de la saison, voire de l’année. Il fut même annoncé comme le plus terrible depuis 50 ans.

Étant partie en octobre, je pensais éviter la saison des typhons. Je n’aurais pas cru que le Japon m’accueillerait si bien… Hagibis, prenant sa sources dans les îles Mariannes, se dirigeait tout droit sur le Japon, passant près d’ Osaka, Kyoto et Tokyo et avait peu perdu en intensité ! Le passage de son œil sur Tokyo était « attendu » pour samedi soir à partir de 18h.

Il commençait déjà à faire bien moche vendredi 12 octobre. Il pleuvait souvent depuis quelques jours. J’appris l’existence de Hagibis sur un groupe Facebook de francophones au japon. Une personne annonçait la mauvaise nouvelle, un site météorologique officiel à l’appuie (Japan Meteorological Agency).

En France, les médias ont commencé à parler d’Hagibis lorsque l’annulation des matchs de rugby à Yokohama a été annoncée.

Comment se préparer au passage du typhon : recommandations officielles et expérience personnelle

D’après différents postes sur les groupes Facebook ainsi que d’autres consultations internet, les premières mesures pour se protéger étaient de faire des réserves de nourriture et d’eau au cas où l’on se trouverait bloqué dans les habitations après le passage du typhon (en cas d’inondations par exemple) et bien évidemment de ne pas sortir de chez soi. J’ai également demandé des infos supplémentaires à la gérante de mon Airbnb (j’y étais encore à ce moment-là), ainsi qu’à deux personnes vivant sur Yokohama dont j’avais eu les coordonnées par mes amies. Voici les autres recommandations dont je me souviens :

  • En cas d’état urgent, éviter de rester au premier ou au second étage. S’il n’est pas possible de monter, envisager l’évacuation ;

  • mettre du scotch sur les fenêtres, ne pas rester près des fenêtres ;

  • se tenir informé.

Par ailleurs je recherchais les consignes à suivre en cas d’évacuation, le lieu à rejoindre le cas échéant.

Après avoir fait des réserves vendredi matin, je suis restée dans le Airbnb. En vérité j’aurais pu sortir encore, mais je n’avais rien de particulier à faire dehors et surtout, il pleuvait (je ne suis pas une grande fane de la pluie). Tout de même un peu stressée à propos de la violence estimée du typhon, je suivais assidûment les nouvelles d’Hagibis via le site internet Japan Meteorological Agency, où se trouvaient d’ailleurs les informations concernant l’évacuation. Aucune concernant mon lieu d’habitation, c’était bon signe. J’envoyais toutes ces informations à deux amis français, que j’avais rencontrés récemment, et l’on se tenait informés. Dans la rubrique « Real-time Lanslide Risk Map » le site attribuait des couleurs pour les différentes zones du pays, selon la légende suivante :

  • non coloré : R.A.S ;
  • jaune : « advisory », c’est-à-dire qu’il faut être particulièrement attentif aux nouvelles,
  • rouge : « avertissement » ;
  • violet : « avertissement d’urgence ».

Mon quartier était dans le jaune et aucune consigne d’évacuation n’a été donnée. Un de mes camarades étant logé à Saitama n’était pas loin de zones violettes, mais (spoilers) il n’a pas eu de problème. Cependant, des zones proches furent inondées. J’avais également téléchargé l’application Japan Shelter qui donne des consignes en temps réel concernant les catastrophes.

Je me couchais très tard. Samedi matin, le jour du typhon, je me réveillai à 12h… la tension montait un peu.

L’œil du typhon (son centre)

En fin d’après midi, toutes les occupantes du Airbnb et moi-même nous sommes rassemblées en salle commune. La gérante est gentiment restée en notre compagnie, ce qui était rassurant. C’était une drôle de situation pour moi. D’origine chinoise, la propriétaire ne parlait pas anglais et communiquait dans sa langue natale aux autres filles (toutes chinoises également). Heureusement l’une d’elles, parlant anglais, pouvait me traduire. Nous suivions les évènements à la télé. C’était bizarre, je voyais des images, mais ne comprenais rien à ce qu’il se disait. Nous étions témoins des dégâts à Osaka. Vers 18h20, tout a tremblé d’un coup !! Il s’agissait d’un séisme de magnitude 5,7… tout le monde fut assez… troublé pour le moins que l’on puisse dire.

Par ailleurs, je surveillais toujours le site Météorologique et recevais des alertes par mon application Japan Shelter. Ma zone d’habitation est passée brièvement dans le rouge à un moment. Nous sommes restées ensemble devant un film pendant une bonne partie de la soirée, jusqu’au passage de l’œil du typhon (calme provisoire avant un changement brusque du sens de la tempête). Il y avait alors des vents très très violents, on sentait l’immeuble résister à de grandes bourrasques. Mais heureusement pour nous il était très solide. Une fois cette période de tornades passée, nous entendîmes de nouveau de fortes pluies.

Quelques temps plus tard, mes « roommates » sont parties se coucher. Je continuais à recevoir des alertes par mon application, mais elles ne concernaient pas ma ville. J’ai donc fini par aller dans mon lit également, avec une petite crainte, car ce dernier se trouvait sous une fenêtre. Bon, le gros du typhon était passé et le rideaux retiendraient les morceaux de verre, me dis-je…

Retour à la vie normale et conclusion

En effet, le lendemain matin, pas de fenêtre sur moi. En me levant, je constatais qu’un magnifique soleil brillait. A Tokyo même, le typhon n’avait pas fait les plus gros dégâts. Je suis sortie en fin de journée me promener le long de la rivière Sumida. La vie avait totalement repris son cours normal. La plupart des métros et train de la ville fonctionnaient normalement et tous les commerces de mon quartier étaient ouverts. Décidément ! Imperturbables ces japonais !

 

L’eau de pluie stagnant sur les toits, juste en-dessous de chez moi.

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant, les conséquences n’ont pas été les mêmes partout. Aux alentours de Tokyo, plusieurs lignes de train ont été accidentées et n’allaient être remises en service que plus tard. Et puis surtout, il y a eu des maisons arrachées, des glissements de terrain, avec un bilan humain. Au total, ce typhon aura fait 74 morts. Le plus meurtrier depuis 2011. Ce qui a été le plus violent, ce sont apparemment les précipitations, faisant atteindre un nouveau record de pluviométrie à Tokyo et impliquant de nombreuses inondations et mouvements de terrains.

On peut quand même noter que s’il n’y a pas eu davantage de morts, c’est sûrement parce que le gouvernement japonais a, avec le temps, développé des moyens pour préparer les habitants à affronter les typhons. En effet, les informations étaient disponibles en direct via différents médias (Japan Météorological agency ; application Japan Shelter). Les habitants recevaient des alertes sur leur smartphone en temps réel (Cependant, encore trop d’habitant ignoreraient l’existence de ce site web pourtant très précis pour connaître les risques). Les forces de l’ordre et de la sécurité étaient fortement mobilisées et l’ont été encore après le passage du typhon pour venir en aide aux habitants des zones sinistrées.

Ce sera tout sur mon expérience avec Hagibis, et c’est tant mieux.

Pour finir, voici les liens vers les différents sites qui m’ont été utiles durant le typhon et pour la rédaction de cet article.

Japan Meteorological Agency : https://www.jma.go.jp/jma/indexe.html

Un site qui fait le bilan des conséquences du typhon Hagibis : http://www.meteo-paris.com/actualites/typhon-hagibis-au-japon-un-lourd-bilan-humain-et-materiel-16-octobre-2019.html  

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