Récemment !

Momotaro, conte célèbre du Japon

 

Il y a très très longtemps, vivaient un vieil homme et une vieille dame, ils étaient des paysans qui devaient travailler dure pour gagner leur riz quotidien. Le vieil homme avait l’habitude de couper les mauvaises herbes chez ses voisins, et quand il s’en allait, la vieille dame, sa femme, travailler à la maison et s’occuper de leur propre lopin de terre.

Un jour, le vieil homme se rendit à la colline pour couper les mauvaises herbes comme à son habitude, pendant que la femme menait quelques vêtements à la rivière, afin de les laver.

On était à l’approche de l’été, et le pays était très beau, recouvert de vert, alors que le couple se rendait chacun vers le lieu de leur travail. L’herbe sur les rives de la rivière était de velours émeraude, et le saule bordant le cours d’eau balançait ses douces feuilles.

Le vent soufflait et transformait la surface cristalline de l’eau en petites vaguelettes, et il se posait sur le visage  du couple qui sans qu’il n’y est de raison particulière se sentaient très heureux ce matin-là.

Finalement, la vieille dame trouva un joli coin où se posait, et descendit son panier. Elle commença alors son travail, sortant les vêtements un à un et les rinçant dans l’eau claire de la rivière, tellement qu’elle pouvait admirer le spectacle de la nage des poissons et au fond de cette dernière, elle distinguait clairement les herbes aquatiques.

Alors qu’elle était occupée à laver ses vêtements, une pêche gigantesque descendait le courant. La dame se détacha de sa corvée, et aperçut la pêche. Elle avait dépassé la soixantaine, et pourtant de sa vie, elle n’avait jamais vu une pêche aussi grosse.

« Qu’est-ce qu’elle doit être délicieuse !» se dit-elle. « Je dois l’attraper et la ramener à mon mari ».

Elle étendit ses bras, mais ne parvenait pas à s’en approcher, alors elle chercha un bâton pour la ramener, mais il n’y en avait pas en vue, et elle risquait de perdre la pêche si elle partait à la recherche d’un. 

Elle se calma un moment pour réfléchir à ce qu’elle devait faire. C’est alors qu’elle se rappela d’un vieux charme de quelques versets. Elle commença à taper des mains, et se mit à chanter cette chanson :

« L’eau distante est amère

L’eau proche est douce

Vient de l’eau distante et passe dans la douceur »

Etrange à dire, mais aussitôt qu’elle se mit à répéter cette petite chanson, la pêche se mit à se rapprocher de la berge où était posté la dame, jusqu’à s’approcher à une distance suffisante pour que cette dernière puisse la sortir de la rivière et la prendre dans ses bras. La femme était heureuse. Elle ne pouvait pas continuer son labeur tant elle était enjouée d’avoir trouvé cette pêche. Elle remit tous les vêtements dans son panier de bambou, et s’empressa de reprendre le chemin vers la maison.

Il lui sembla une éternité d’attendre que son mari rentre. Il rentra au coucher du soleil avec un tas d’herbe si imposant qu’elle avait eu du mal à le distinguer en dessous. Il semblait épuiser, et se servait de sa faucille comme d’un bâton de marche pour se soutenir.

Dès que la vieille dame l’aperçut, elle le harangua :

« O Jii san !  J’ai attendu longtemps ton retour, aujourd’hui ! »

« Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi étais-tu si impatiente ? », demanda l’homme, « Est-ce que quelque chose est arrivé lorsque j’étais parti ? ».

« Oh, non ! » répondit la vieille dame, « Rien de spécial n’est arrivé, seulement j’ai un cadeau pour toi ! ».

« Super !» dit le vieil homme. Il se lava les pieds dans le bassin d’eau, puis alla dans l’entrée de leur maison.

La vieille dame alla alors dans la petite salle et ramena dans un saladier la pêche. Elle semblait plus lourde que tout à l’heure. Elle la tenait entre les mains et dit : « Regarde ça ! As-tu déjà vu une pêche aussi grosse de ta vie ? »

Quand l’homme vit la pêche, il la regarda étonné : « c’est en effet une pêche bien grande ! La plus grande que je n’ai jamais vue. Où l’as-tu acheté ? »

« Je ne l’ai pas acheté.», répondit la Dame, « je l’ai trouvé à la rivière en allant laver le linge. » et elle lui raconta toute l’histoire.

« Je suis heureux que tu as trouvé ça, j’ai faim, et si nous la mangions désormais ? »

Il amena un couteau alors que la pêche était posée sur la table, et alors qu’il était sur le point de la couper, miraculeusement, la pêche s’ouvrit en deux d’elle-même. Une voix en sortait :

« Attends un peu, vieil homme ! » et de celle-ci sauta un resplendissant petit enfant.

Le vieil homme et la vieille dame, si étonné de ce qui était en train d’arriver en tombèrent à la renverse avant que l’enfant ne poursuit :

Source image Tofugu

« N’ayez pas peur !  Je ne suis ni un démon, ni une fée. Je vais vous dire la vérité. Le paradis a eu de la compassion pour vous. Chaque jour et chaque nuit, vous vous êtes lamentés que vous n’avez pas d’enfant. Vos pleurs ont été entendus, et je suis descendu pour être l’enfant de vos vieux jours !».

En entendant ces mots, la joie envahit le cœur du vieil homme et de la vieille dame. Ils ont tellement pleuré de n’avoir d’enfant pour s’occuper d’eux dans leurs vieux jours qu’ils ne savaient plus ni ou mettre leur jambes ni ou mettre leur bras. Puis l’homme pris l’enfant dans ses bras, puis, la dame en fît de même, enfin, ils décidèrent de le nommer « Momotaro », l’enfant de la pêche, puisqu’il était sorti d’une pêche.

Les années passèrent très vite, et l’enfant grandit jusqu’à atteindre l’âge de 15 ans. Il était plus grand et plus fort que n’importe quelle personne de son âge, il avait un beau visage et un cœur plein de courage, en plus d’être très sage pour son âge. Ses vieux parents étaient très fier lorsqu’ils le regardaient, il ressemblait juste à ce qu’un héros ressemble.

Un jour, Momotaro vient voir son père et lui dit solennellement :

« Père, par une étrange chance nous sommes devenus père et fils. Ta bonté envers moi a été bien plus haute que les montagnes où tu vas couper les herbes, et plus profonde que la rivière où mère lave le linge. Je ne sais pas comment suffisamment te remercier pour cela ».

« Pourquoi ? » demanda le vieil homme, « C’est le devoir d’un père de donner le meilleur à son enfant. Quand tu seras plus vieux, ce sera ton tour de prendre soin de nous, et au final il n’y a de dettes entre personnes. A dire vrai, je suis surpris que tu me remercies de la sorte ».

« J’espère que tu seras patient avec moi » dit Momotaro « mais avant que je commence à rembourser ma dette pour ta bonté j’ai une demande à faire que j’espère tu accepteras et qui compte plus que tout pour moi ».

« Je te laisserais faire ce que tu veux, après tout, tu es différent des autres garçons ».

« Alors, laisse-moi partir ! »

« Que dis-tu ?  Souhaites-tu nous laisser ta mère et moi, et quitter ta maison ? »

« Je reviendrais, si tu me laisses partir ! »

« Où vas-tu ? »

« Tu dois trouver cela bizarre que je souhaite partir » dit Momotaro, « Parce que je ne t’ai pas encore dit la raison. Loin d’ici, au nord-est du Japon, il y a une île. Cette île est la base d’une bande de démons. J’ai entendu parler de leurs exactions, la manière dont ils venaient dans ce pays, tuant et volant les gens qu’ils croisaient, et pillant tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage. Ils ne sont pas seulement fourbes mais ils sont aussi déloyaux envers notre empereur, et désobéissent à ses lois. Ce sont des cannibales qui mangent les pauvres paysans qu’ils croisent lorsqu’ils tombent dans leurs mains. Ces démons sont vraiment d’haïssables créatures. Je dois m’y rendre, conquérir leur territoire et ramener tous les biens qu’ils ont volés. C’est la raison pour laquelle je souhaite partir. » 

Le vieil homme fût surpris d’entendre ces paroles d’un jeune homme d’à peine 15 ans. Il pensa que c’était mieux de laisser le garçon partir. Il était fort et courageux, et au-delà de ça, le vieil homme savait qu’il n’était pas un jeune homme ordinaire, envoyé tel un cadeau du ciel, il était sûr que ces démons seront impuissants face à lui.

« Je ne mettrais pas de frein à ta détermination Momotaro. Tu peux y aller si tu le désires, quand tu le désires. Va sur cette île dès que tu le souhaites, détruit les démons et rapportes la paix au pays ».

« Merci pour tout ce que tu as fait » dit Momotaro, qui se préparait à partir en ce jour-même. Il était plein de courage et ne savait pas ce qu’était la peur. 

Sur ce, le vieux couple prépara le riz afin d’en faire des gâteaux que Momotaro pourrait prendre durant son voyage. Une fois cela fait, il prit la route. Un départ est toujours triste. Et c’était le cas à ce moment. Le regard humide, ses parents le regardèrent partir et la voix tremblotante lui dirent : « Fais attention et fais vite. Nous attendons ton retour victorieux ! »

Momotaro était sincèrement désolé de laisser ses vieux parents pour accomplir sa quête, bien qu’il sache au fond de lui qu’il reviendrait bientôt, en pensant à combien ils se sentiraient seul pendant son voyage. Malgré son sentiment mitigé, il s’exclama d’un « au revoir » vaillant. 

« J’y vais à présent, prenez soin de vous en mon absence. Au revoir ! » Puis, il sortit rapidement de la maison. En silence, les yeux de chacun se croisèrent pour se dire au revoir. Momotaro se dépêcha alors d’aller vers son but, jusqu’à ce qu’il soit midi. Il commença à avoir faim, il ouvrit alors son sac et sortit un des gâteaux de riz que sa mère avait préparé avant de s’asseoir contre un arbre au bord de la route pour manger.

C’est alors que surgit un énorme chien des hautes herbes qui dirigea menaçant vers Momotaro. Montrant ses dents affutées, dans un ton menaçant il lui dit :

« Qui es-tu pour oser pénétrer dans les terres d’autrui sans assentiments ? Si tu me laisses ta nourriture, je te laisserai partir. Autrement, je te mordrais jusqu’à ce que tu meures. »

« Haha » Momotaro se mit à rire sarcastiquement :

« Qu’est-ce que tu racontes ? Tu sais qui je suis ? Je suis Momotaro, et je m’en vais vers le Nord Est pour détruire les démons sur leur île. Si tu essaies de m’arrêter dans ma quête, je te coupe en deux de la tête au pied ! »

La confiance de Momotaro fît changer prestement l’attitude du chien, sa queue retombait, et il se prosterna jusqu’à ce que son museau touche le sol, à proximité de Momotaro.

« Qu’est-ce que tu dis ? Momotaro ? Es-tu le Momotaro ? J’ai entendu parler de ton immense force, ne sachant pas qui tu étais j’ai agi stupidement. Voudrais-tu pardonner ma rudesse ? Es-tu réellement sur le point d’envahir l’île des démons ? Si tu désires une personne aussi rude comme compagnon, je t’accompagnerais avec plaisir. »

« Je pense que je peux te prendre avec-moi si tu veux. » dit Momotaro

« Merci ! » répondit le chien. « Sinon, je dois t’avouer que je suis affamé. Est-ce que tu me donnerais un des gâteaux que tu transportes ? »

« C’est le meilleur type de gâteau du Japon, » dit Momotaro. « Je ne peux pas te donner un entier mais je partagerais une moitié avec toi. »

« Merci, beaucoup » s’exclama le chien, prenant la moitié qui lui avait été donné.

Puis, Momotaro poursuivit sa route tandis que le chien le suivait. Ils marchèrent pendant longtemps à travers collines et vallées. Alors qu’ils continuaient leur route, un animal vint à leur rencontre.

« Bonjour Momotaro ! Tu es le bienvenue de ce côté-ci du pays. Me laisserais-tu t’accompagner ? » demanda le singe.

Le chien répondit avec jalousie :

« Momotaro a déjà un chien avec lui. Nous nous rendons sur l’île des démons pour les exterminer ! De quelle utilité lui serait un singe ? »

Le chien et le singe commencèrent à se disputer, il était connu que les chiens et les singes se détestaient.

« Arrêtez de vous disputer ! » interrompit Momotaro, se mettant entre les deux. « Attends un instant, chien ».

« Ce n’est pas respectable pour toi d’avoir une telle créature avec toi » coupa le chien.

« Qu’est-ce que tu en sais ? » rétorqua Momotaro, et mettant de côté le chien, il demanda au singe : « Qui es-tu ? »

« Je suis le singe qui vit dans ces collines » répliqua le singe. « J’ai entendu parler de ton expédition sur l’île des démons, et je me devais de venir avec toi. Rien au monde ne me fera plus plaisir que de te suivre ! ».

« Veux-tu vraiment te rendre sur l’île des démons et te battre à mes côtés ? »

« Oui, maître ! » répondit le singe

« J’admire ton courage. Voici un bout de mes gâteaux, prend, et suis nous ! » Rétorqua Momotaro.

Le trio poursuivait sa route, mais elle était désormais ponctué des querelles incessantes entre le chien et le singe. Si bien que finalement Momotaro se mît au milieu, il laissa passer le chien devant avec un drapeau, et mît le singe à l’arrière avec une épée. Il était lui-même armé d’un éventail de guerre.

Ils arrivèrent finalement sur un grand champ. Là, un oiseau venu de loin vint se poser à quelques mètres pour les attaquer. C’était le plus bel oiseau que Momotaro n’avait jamais vu. Sa robe était composée d’au moins 5 couleurs différentes, et il semblait porter une écharpe. Tout d’abord, le chien tenta d’attraper et tuer l’oiseau, mais l’oiseau esquiva de justesse et un combat entre les deux s’engagea.

Momotaro, regardant la scène, ne pouvait qu’admirer l’oiseau. Il était impressionné par ses capacités et pensaient qu’il ferait un bon combattant.

Il s’approcha, et retenu le chien avant de dire à l’oiseau :

« Misérable ! Tu ruines mon voyage » dit Momotaro. « Abandonne et joins toi à nous où je lâche ce chien sur toi pour qu’il te tue ».

A ces mots, l’oiseau abandonna immédiatement et supplia Momotaro de le prendre avec lui dans son voyage.

«  Je n’ai pas d’excuse à offrir pour m’être disputé avec le chien, ton serviteur, mais je ne t’avais pas vu. Je suis un oiseau misérable que l’on appelle faisan. C’est très généreux à toi de me prendre avec vous et d’excuser ma rudesse. Je vous suivrais derrière le singe et le chien, si tel est votre volonté ».

« Je te félicites d’avoir abandonné si rapidement ». Dit Momotaro avec un grand sourire. « Nous allons sur l’île des démons ».

« Vas-tu prendre cet oiseau également ? » demanda le chien.

« Pourquoi demandes-tu des choses si futiles ? Tu ne m’as pas clairement entendu ? Je prends l’oiseau avec moi, parce que je le veux ! »

Le chien grogna, avant que Momotaro se lève et ne donne des ordres : 

«Maintenant, vous devez tous m’écoutez. La première chose importante dans une armée est l’harmonie. Il est sage de dire : «Avantage sur terre est meilleur qu’avantage au Paradis !  , l’union entre nous est plus importante que n’importe quel gain terrestre. Si nous ne sommes pas en paix entre nous, il est très difficile de mettre à mal un ennemi. Désormais, chien, singe et faisan, vous devez penser d’une seule âme. Le premier qui commencera une dispute devra partir sur le champ ».

Ils promirent tous les trois de ne plus se disputer, et maintenant qu’il était devenu un camarade de Momotaro, le faisan reçut également sa moitié de gâteau.

L’influence de Momotaro était si importante que très vite les trois devinrent de bons amis, sur les pas de leur leader.

Se dépêchant jour après jour dans leur course vers l’île des démons, ils finirent rapidement à apercevoir le rivage du Nord-est du pays. Rien n’était visible à l’horizon – pas le signe de la moindre île. Tout ce qui était fût le bruit des vagues qui se fracassaient sur les récifs.

Malgré leurs aventures au travers de vallées et de collines, le faisan, le singe et le chien, voyaient la mer pour la première fois, sans un mot, ils se demandèrent tous comment ils allaient pouvoir la traverser pour se rendre sur l’île des démons.

Momotaro comprit qu’ils étaient terrifiés par la mer, si bien que pour les tester, parlant fort sur un ton sec, il dit :

« Pourquoi hésitez-vous ? Avez-vous peur de la mer ? Oh ! Quelle bande de mauviette ! Impossible de prendre d’aussi frêles créatures avec moi pour combattre les démons. Il serait beaucoup mieux que j’y aille seul. Je vous autorise à tous partir ! »

« S’il te plaît, Momotaro ! » dit le Chien.

« Nous sommes arrivés si loin ! » dit le singe.

« C’est inhumain de nous laisser ici ! » dit le faisan.

« Nous n’avons pas peur de la mer », rajoutait le singe.

« S’il te plaît prend-nous avec toi » renchérissait le faisan.

« Je t’en supplies !» ajouta une dernière fois le chien.

Comme ils avaient repris du courage, Momotaro dit :

« Soit, si vous le voulez vraiment, je vous prendrais avec moi, mais faîtes attention à vous de ne pas faiblir».

Momotaro
Le combat de Momotaro et de ses compagnons, par Kuniyoshi Utagawa

Momotaro trouva un petit bateau et ils montèrent tous à bord. Le vent comme le temps étaient parfaits pour la traversée, et le bateau alla tel une flèche au travers de la mer. Au début, le chien, le singe et le faisan étaient impressionnés par les vagues et le remous comme c’était la première fois qu’ils allaient en mer. Puis ils s’habituèrent. Jour après jour ils se positionnaient sur le pont, cherchant, avec impatience et envie, à apercevoir l’île des démons.

Lorsqu’ils étaient fatigués de regarder au large, ils se racontaient tous les exploits qu’ils avaient accomplis dans leur vie, ou jouer à des jeux. Momotaro se surpris lui-même à écouter leurs histoires et à les regarder jouer à leurs jeux, et de cette manière il oubliait sa propre fatigue, du voyage, et sa lassitude de ne rien faire. Il languissait d’être au travail à tuer des monstres qui ont fait tant de mal à son pays.

 Comme le vent était favorable, et qu’il n’y eut pas de tempête, le bateau voguait rapidement, et un jour, alors que le soleil brillait, une terre se fit apercevoir à l’horizon, récompensant les quatre aventuriers sur la proue du bateau.

Momotaro su directement qu’il avait en face l’île des démons, au sommet de récifs se trouvait un château imposant ; regardant la mer. Maintenant que son objectif était à portée de main, il se prenait la tête entre les mains dans une intense respiration, se demandant comment il devait commencer le combat. Ces trois compagnons l’observaient, en attendant les ordres. Il appela le faisan :

« C’est un avantage pour nous que tu puisses voler » dit Momotaro à l’oiseau, « Tu as de bonnes ailes. Voles vers le château et engage le combat, nous te suivrons. »

Le faisan obéit. Il s’envola du bateau battant les airs fièrement avec ses ailes. L’oiseau atteint l’île et pris position sur le toit au milieu du château, il cria :

« Sales démons écoutez-moi! Le grand général japonais Momotaro est venu se battre contre vous et vous détruire.  Si vous tenez à la vie, abandonnez maintenant, et en signe de soumission vous devez détruire vos cornes sur la tête. Si vous ne vous rendez pas, mais voulez combattre, nous, le faisan, le chien et le singe, vous tueront tous ! »

Les démons sadiques regardèrent en l’air et ne vit qu’un faisan, ils se mirent à rigoler :

« Un faisan sauvage, en effet ! C’est ridicule d’entendre cela d’une insignifiante créature comme toi. Attends de te prendre une de nos lances ! »

Enervés étaient les démons. Ils bougèrent leurs cornes, visible au-dessus d’une chevelure rouge, tapant sur leurs sabots, et se précipitèrent pour mettre leur armure en peau de tigre pour avoir l’air encore plus terrifiant. Puis ils prirent de longues lances et se précipitèrent pour essayer d’atteindre le faisan au-dessus de leurs têtes. Ils s’essayèrent plusieurs fois mais le faisan valdinguant de gauche à droite étaient intouchables. Il s’envola dans le ciel avec une telle aisance et une telle rapidité que les démons se demandèrent s’il n’y avait pas plusieurs faisans différents.

Pendant ce temps-là, Momotaro était arrivé près de la côté, en approchant il s’aperçut que le rivage était comme un précipice, et que le château était tout entier entouré d’immenses murailles, et de larges portes de fer.

Momotaro amarra, avec l’espoir de trouver une entrée, il marcha vers le château suivit du chien et du singe. Ils arrivèrent très vite auprès de deux magnifiques demoiselles qui lavaient le linge sur le courant de la rivière. Momotaro s’aperçut que les vêtements étaient tâchés de sang, et que les deux jeunes filles étaient en larme. Il s’arrêta pour leur parler :

« Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous en larme ? »

« Nous sommes prisonnières du roi démon. Nous avons été kidnappé de nos maisons, et avons été amené ici, et comme nous sommes les filles d’un daimyo, nous avons été forcé à devenir esclave, et un jour ils nous tueront » et les dames montrèrent les vêtements ensanglantés « et ils nous mangeront, il n’y a personne pour nous aider ! » et leurs larmes redoublèrent à la pensée de cette terrible destinée.

« Je vous sauverais, ne pleurez plus ! Montrez-moi seulement comment entrer dans ce château. »

Les deux demoiselles, considérant leur chance, bien que sans espoir, s’interrompirent pour mener Momotaro jusqu’à une petite porte en contrebas du château. Si petite, que Momotaro lui-même eu du mal à y pénétrer.

Le faisan qui continuait à se battre tout ce temps, vit Momotaro et sa bande pénétrer dans l’enceinte du château par l’arrière.

C’est en furie que Momotaro, le chien et le singe, entrèrent sur les champs de bataille, les démons n’arrivaient pas à se débarrasser du faisan, mais maintenant que Momotaro était là, ils n’avaient aucune chance. Il découpait les démons sur son passage avec une fureur telle, et bien aidé par ses acolytes, que très vite il ne resta plus un seul démon pour leur faire face. Ils n’étaient que quatre, mais ils donnaient l’impression d’être plusieurs centaines. Certains des démons furent jetés par-dessus les murailles pour s’écraser sur les récifs, d’autres furent jetés à la mer et se noyèrent, la plupart furent tués par les trois sur le champ de bataille. Très vite, il ne resta plus un seul opposant sur le champ de bataille.

Le Roi démon se retrouva seul, il avait compris qu’il n’avait aucune chance face à Momotaro, si bien qu’il s’était préparé à se rendre.

Il s’approcha humblement de Momotaro, jetant ses armes à terre. Puis, il s’agenouilla, et brisa ses cornes, qui étaient chez les démons le signe de leur puissance.

« J’ai peur de vous » dit-il « Je ne peux pas vous vaincre. Je vous donnerais tous les trésors cachés dans ce château si vous m’épargnez ».

Momotaro lui répondit en riant.

« Cela ne te ressemble pas, grand démon, de supplier pour être pardonner, n’est-ce pas ? Pour tout le mal que tu as fait, tous les gens que tu as torturé, et assassiné, et pour avoir volé notre pays depuis tant d’années ».

Momotaro Kuniyoshi Utagawa - le retour
Le retour de Momotaro et de ses compagnons, par Kuniyoshi Utagawa

Puis, Momotaro attacha le chef des démons, et le laissa à la charge du singe. Ceci fait, il alla dans toutes les salles du château pour libérer les prisonniers, et pour rassembler le trésor.

Le chien et le faisan gardèrent le voleur avec eux, accompagné par Momotaro qui retourna triomphalement chez lui. Les deux demoiselles furent libérées de leurs chaînes et rentrèrent chez elle. Le pays entier fît de Momotaro un héros, heureux d’être débarrasser du démon voleur qui les a terrorisés pendant de nombreuses années.

Le vieux couple enfin étaient plus heureux qu’il n’est possible de le décrire, et le trésor que Momotaro a ramené leur permit de vivre en paix jusqu’à la fin de leurs jours.

 

Source : Japanese fairy tales, Yei Theodora Ozaki, Grosset & Dunlap Publishers , 1908.


Temple Momotaro – 桃太郎神社

L’histoire de Momotaro est tellement populaire au Japon, qu’à ses personnages s’associent désormais à Okayama un festival qui a lieu dans la première partie du mois d’août aux alentours de la ville d’Okayama et qu’un temple, le temple Momotaro  [桃太郎神社] à Takamatsu lui est associé.

Temple momotaro, Takamatsu, Kagawagen.
Temple momotaro, Takamatsu, Kagawagen.

Il y a bien évidemment des jeux vidéos à son effigie, tout comme des nouilles, le Japon et son merchandising vous comprenez, et aujourd’hui encore l’histoire du courageux Momotaro est conté dans toutes les maisons.
 

 

Chaque semaine, un nouveau conte japonais est disponible sur le site du Japon. Retrouvez ces contes ici [ marquez la page et jetez y un coup d’oeil occasionnellement si vous aimez les contes ]. 

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