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Les sept mystères de Honjo

Les sept mystères de Honjô, légendes fantastiques du Japon d’Edo.

Pendant la période d’Edo, le quartier de Honjô (aujourd’hui Sumida) était un lieu de mélancolie, que l’on considérait hanté et qui drainait de nombreuses histoires et légendes. Ici se trouvait de vastes champs où seules quelques maisons parsemaient ici et là donnaient de la vie au lieu. Beaucoup de voyageurs, la nuit, préféraient faire un détour plutôt que d’avoir à traverser ses champs.

Scierie de Honjo, par Hokusai.

Plusieurs légendes furent collectées et furent appelés les Honjo Nanafushigi (本所七不思議), les sept mystères de Honjô. Le chiffre sept étant choisi pour exprimer une idée plutôt que par cohérence du fait de l’imaginaire qui l’entoure, comme les 7 merveilles du monde, et comme l’idée que shichi, la prononciation du chiffre en japonais donne l’idée de mort dans sa première syllabe. Raison pour laquelle les japonais préfèrent dire « nana » pour utiliser le chiffre.

A travers le Japon, de nombreux lieux ont leur « sept mystères ». Elles se partagent de bouche à oreille, se racontent au travers des différentes générations.  Les sept mystères de Honjô ont gagné leur postérité grâce à leur passage dans le Rakugo, un art théâtrale japonais, puis plus tard grâce à la série d’estampe d’Utagawa Kuniteru qui illustre cet article, et illustre ces histoires qui suivent. 

Plus tard, deux films traiteront du sujet : 

  • “Honjo Nanafushigi” par Shinko Kimura , 1937
  • ”Kaidan Honjo Nanafushigi” par Katano Goro , 1957

De nos jours, les sept mystères de Honjô sont largement rappelés comme une attraction touristique. Si vous marchez autour du quartier de Sumida, vous pourrez voir différents panneaux et plaques rappelant aux visiteurs ces étranges histoires. 

Le quartier de Honjô est également célèbre pour être celui d’où est né, Hokusaï, le plus grand peintre de l’Orient. Katsushika, le prénom qu’il a utilisé une partie de sa vie est le nom du district de la province où se trouvait ce quartier.

Quels sont donc les  mystères de Honjô? 

Oite Kebori – laisse derrière. 

Il y a des jours où les nuages sont trop fins pour retenir la pluie, mais descendent tout de même. Pendant ces journées, les poissons peuvent être pêchés en abondance. Un pêcheur n’aura qu’à détendre sa canne avec attention, et parler tranquillement avec son camarade pour réussir à attraper du poisson.

Quand un jour comme celui-là tire vers sa fin, ces personnes peuvent être les victimes et les témoins d’un étrange phénomène. Venu du lieu où ils ont pêché, une voix des ombres se fait entendre : « laisser votre marchandise derrière… », Cette voix peut simplement les effrayer au plus profond de leur cœur, et si ils ne s’exécutent pas et tentent de fuir, alors leurs pieds deviennent lourds et trainent sur le sol. Leurs sacs remplis des produits de leur journée de pêche se vident mystérieusement.

Peu importe qu’ils obéissent à la voix et vident leur sac, ou qu’ils essaient de partir. Peu importe si ils essaient de rendre à la rivière la majeure partie de leur pêche. Ils rentreront quoi qu’il advienne bredouille à la maison.

Okuri Chochin [送り提灯], la lanterne qui envoie au loin.

Bien que cette période soit appelée « printemps », le temps est froid, et la pluie tombe. Le vent perce les visages, et les corps, et le clocher du temple Hoan-ji donne l’impression de sonner à une lointaine distance.

Sur de hautes Geta de bois, un guerrier ivre, la démarche chancelante, trébuche sur son compagnon qui lui dit :

« Mon seigneur, c’est une aire de désolation, … »

Le seigneur rigole et répond :

« Il y a des renards et des tanuki et d’autres choses mystérieuses »

Regardant en face d’eux, ils aperçoivent la lumière d’une petite lanterne qu’ils essaient de suivre. Cependant lorsqu’ils sont proches de cette dernière, sa lumière commence doucement à s’amenuiser jusqu’à s’éteindre, les laissant dans la pénombre.

C’est Okuri Chochin, la lanterne qui envoie au loin.

Okuri Hyoshigi, le suiveur aux claquettes en bois.

Le 20e jour du mois du signe de l’ours, alors que la lune pleine et éclatante et que les lanternes de papier dans la rue brillent dans chaque direction, rien ne parvient à éloigner la rue de la pénombre. C’est alors qu’une averse de pluie violente se déclenchera et ce jour-là, les cloches du temple résonneront avec le son de l’au-delà.

En premier, les pleurs des faucons de nuit et des marcheurs, les vendeurs de nouilles et d’alcool, de nouilles, de thé, et de pain aux haricots rouges, s’harmoniseront avec ce son mais ce dernier s’éteindra petit à petit pendant la nuit qui s’étendra et que les gens s’aminciront.

Pendant qu’ils essaieront de rentrer chez eux, dans le noir de la nuit et sous la pluie, couvrant leur lanterne de papier avec la manche de leur anorak pour l’empêcher de prendre l’eau, ils entendront le son de claquette en bois frapper le sol derrière eux. En continuant de marcher le son des claquettes se synchroniseront à leur allure, et plus ils se dépêcheront, plus le son se fera puissant et proche. C’est l’esprit d’Okuri Hyoshigi, le suiveur aux claquettes de bois.

Akarinashi Soba – le magasin de Soba éteint.

Au-dessus du pont où jaillit le canal, il y avait un magasin de soba qui avait une lanterne en papier washi avec le mot « 28 » écrit en gras et épais. Même quand tous les feux de la rue était éteint, cette lanterne continuait à briller sans bougie, ni huile.

Ceux qui essayèrent en vain de l’éteindre, non seulement n’y parvenaient pas, mais en plus attiraient le malheur sur leur ménage.

 

 

Kataba no Ashi – le roseau d’un côté.

Un jour, Il y avait Tomedo, un homme mauvais dont le cœur était encore pire que lui-même.

Il voulait séduire la jeune veuve Oyoshi qui avait une amulette en forme de pièce de shogi, échec japonais, qu’il désirait. Quand elle refusa de la lui céder il enragea et de colère la tua, découpant son bras et sa jambe droite, comme -ci elle était un bonsai, et jeta ces derniers dans le fossé.

Depuis ce jour, rien ne pousse dans le fossé à l’exception d’une plante appelé Kataba no Ashi, qui signifie « roseau d’un seul côté » qui a des feuilles qui ne poussent que d’un seul côté.

Même aujourd’hui, on dit que ce roseau est l’esprit d’Oyoshi.

 

Tsugaru no Taiko – Le Taiko de Tsugaru

A Honjo, dans le fief de Hirosagi-han, où le seigneur de la maison de Tsugaru a ses quartiers. Les seigneur de cette époque avait deux maisons, le kami-yashiki où il vivait les années de résidence à Edo, et le shimo-yashiki, leur résidence dans leur région natale. A Honjo se trouvait le kami-yashiki.

Dans cette résidence, il y avait un point d’observation surélevé qui était utilisé pour prévenir des incendies. Le feu était le pire ennemi des gens d’Edo à cette période, et ces tours étaient normales. Elles apparaissent dans l’histoire des 47 ronins. En plus d’être suffisament élevé, elles étaient équipées d’un Bangi, suspendi par des cordes au plafond. Quand un feu était visible le bangi sonnait pour servir d’alarme et faire appel aux pompiers.

Le mystère de la tour de Tsugaru était ainsi, quand l’alarme était déclenché, à la place du son normal d’un bangi, c’est le son lourd d’un Taiko qui sortait.

Les explications concernant cette légende urbaine varient. Certains disent que la tour avait un bangi comme les autres mais qu’il sonnait comme un taïko. Certains disent que le bangi venait d’un arbre qui était utilisé pour fabriquer des Taiko, ou encore que le bangi lui-même était un partie d’un Taiko autrefois. Il y a également ceux, n’aimant pas les mystères, qui disaient que le seigneur local avait simplement mis un Taiko à la place d’un bangi comme tout le monde afin de se différencier.

Ochiba naki shii – L’arbre Chinkapin aux feuilles qui ne tombent jamais.

A Honjo dans le fief de Hiradoshinden, dans la maison de Matsura, la kami-yashiki, qui était entouré d’un grand mur bordant les rives de celle que l’on appellait la grande rivière, aujourd’hui la rivière Sumida. Il y avait un grand chêne chinkapin dont les branches passaient au-delà du mur et dont les feuilles ne tombaient jamais.

Bien sûr, ces arbres ne perdent pas toutes leurs feuilles mais au moins quelques-unes d’entre elles tombent chaque saison. Mais ce n’était pas le cas de celui de la maison du daimyo. Personne n’ayant jamais vu une seule feuille tombée de ses branches.

Le jardinier du daimyo était un homme dévoué mais même pas une fois il ne fit l’expérience de ramasser une seule des feuilles de cet arbre mystérieux. Ce chikapin si particulier était vraiment un mystère, quel était donc l’origine de ce pouvoir exceptionnel ? Nul ne sait, et jusqu’à aujourd’hui cela demeure un mystère.

D’ailleurs, le seigneur Matsura était particulièrement incommodé par son arbre. Il avait certainement peur que ce dernier était contrôlé par des renards ou quelques esprits mystérieux. Il utilisait donc cette maison aussi peu souvent qu’il le pouvait. Mais la gloire de l’arbre ne tarda pas à être connu de tout Edo, et la maison de Matsura fût connu dans le langage populaire comme la maison du chêne Chinkapin. L’arbre passant le mur, et venant près des rives, le lieu était considéré comme celui d’une scène élégante et romantique, et fût un coin prisé pour les promenades.

Quand les histoires des sept mystères de Honjo devint populaire dans le rakugo, l’histoire de l’arbre fut incluse.

Malheureusement ni la maison, ni l’arbre n’a survécu à la période moderne mais la location demeure dans le parc Yasuda, après que la Yasuda Zaibatsu a donné le parc à la ville. Elle est marquée par une pierre, et une pancarte.

 

Ashiaraiyashiki – la maison qui lave les pieds

Dans la 3e rue du district de Honjo vivait une femme qui s’appelait Hanamoku. Chez elle, un évènement mystérieux était célèbre pour s’y dérouler.

Au moment où les fleurs dorment et que la fleur d’ushimitsu bourgeonne, une horrible puanteur envahit sa maison, et un pied géant poilu et sale descend de son grenier dans un vacarme assourdissant. Si le pied est lavé, alors il disparaît aussi vite qu’il est apparu. Mais s’il ne l’est pas, l’Ashiaraiyashiki [足洗邸]  détruira tout l’intérieur de la maison jusqu’à ce qu’il en soit satisfait.

 

Toutes les estampes sont l’oeuvre d’utagawa Kuniteru, 1880

source très principal <3 :  https://hyakumonogatari.com/

 
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